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Un personnage clownesque jonglant avec ce qui semble être des planètes… et une banane ?! C’est une pochette pour le moins étrange pour un album légendaire.
Nous parlons bien sûr de l’image figurant sur la pochette d’Innuendo, le 14e et dernier album que Queen et Freddie Mercury ont réalisé ensemble avant la mort du chanteur.
L’album est sorti en 1991. Mais tant sa pochette que ses chansons semblaient provenir d’une autre époque, voire d’un autre monde. Et ce n’est pas un hasard, comme nous allons le découvrir.
Restez avec nous pour découvrir l’histoire qui se cache derrière la pochette de cet album emblématique.
Quel genre d’album est Innuendo ?
Avant d’aborder la genèse de la pochette d’Innuendo, il convient de dire quelques mots sur cet album emblématique.
Du début à la fin, Innuendo est un disque chargé d’émotion. Initialement prévu pour décembre 1990, il est finalement sorti le 4 février 1991 chez Parlophone Records (le label qui avait été le premier à signer les Beatles).

Ce retard s’explique par la détérioration de l’état de santé de Freddie Mercury. Quelques années plus tôt, le chanteur de Queen avait appris qu’il était atteint du sida, une maladie qu’il avait cachée aux médias et à ses fans, mais pas au reste du groupe. Mercury est décédé le 24 novembre 1991, neuf mois après la sortie d’Innuendo. Ce n’est que la veille de sa mort qu’il a révélé sa maladie au grand public.
Les circonstances tragiques qui ont entouré la sortie de cet album ne font que renforcer les émotions qui se dégagent de cet opus à la fois poignant, somptueux, énergique et puissant. C’est surtout dans les morceaux d’ouverture et de clôture que cela se ressent le plus : « Innuendo », un mélange musical né de l’improvisation, et « The Show Must Go On », un appel émouvant à ne pas baisser les bras lorsque les temps sont durs.
La création de la pochette de l’album Innuendo de Queen
Il y a un autre élément qui contribue à l’atmosphère intemporelle d’Innuendo : la pochette.

Nous avions dit que cela semblait venir d’un autre monde… et c’est effectivement le cas : l’illustration originale est tirée d’un roman graphique excentrique du XIXe siècle intitulé Un autre monde, écrit et illustré par l’artiste français visionnaire J. J. Grandville.

C’est Roger Taylor, le batteur de Queen, qui a découvert cette œuvre rare signée par l’un des précurseurs du surréalisme. Taylor a montré le livre à Richard Gray, le photographe, graphiste et directeur artistique à l’origine de nombreuses pochettes mémorables du groupe. C’est ainsi qu’est née la pochette d’Innuendo !
Gray a réalisé une copie de l’illustration « A Juggler of Worlds », puis, avec l’aide d’Angela Lumley, l’a coloriée et y a ajouté un détail amusant : une banane. Ce fruit défendu (la vedette d’une autre pochette d’album célèbre – oui, celle-là) fait également une apparition dans le clip de « I’m Going Slightly Mad ».
Mis à part les bananes, la gravure de Grandville convient parfaitement à un album comme Innuendo. Comme l’explique cet essai consacré à l’artiste français, l’image met en évidence notre insignifiance planétaire : nous sommes à la merci d’un jongleur céleste qui s’amuse avec des mondes inconnus.
C’est à la fois troublant et amusant.
Autres images tirées de la pochette d’Innuendo
Pour le dos de la pochette, Gray a choisi une autre image surréaliste de Grandville, cette fois-ci une illustration représentant un lion dont la tête est remplacée par un tuba en laiton.

Mais pour la deuxième de couverture d’Innuendo, Gray a lui-même pris un crayon et a dessiné les membres du groupe dans un style imitant celui du grand artiste français.
Les dessins représentant John Deacon (basse), Brian May (guitare), Freddie Mercury (chant) et Roger Taylor (batterie) sont de superbes portraits qui frôlent la caricature sans jamais la franchir.

Avant de conclure, voici une anecdote curieuse concernant l’héritage de Grandville, qui en dit long sur les caprices du destin auxquels il fait allusion dans son œuvre.
La couverture d’Innuendo est aujourd’hui célèbre dans le monde entier, tout comme d’autres visions étranges créées par l’artiste. Par exemple, les soldats de cartes d’Alice au pays des merveilles ont été inspirés par une autre gravure tirée d’Un autre monde. Pourtant, cet ouvrage révolutionnaire est resté pratiquement méconnu pendant plus d’un siècle : une seule édition a été publiée et il n’a jamais été traduit dans d’autres langues. Il n’a même pas été mentionné dans la nécrologie de Grandville !
Étrange, n’est-ce pas ? Si vous souhaitez découvrir davantage ce petit bijou, vous trouverez d’autres pages de cet ouvrage ici.
Que pensez-vous de cette histoire ? Avez-vous toujours trouvé la pochette de l’album Innuendo intrigante ? Et vous a-t-elle inspiré pour votre prochain projet de design graphique ? Partagez votre avis !
Note de la rédaction
Cet article a un but purement informatif et les images qui l’accompagnent servent à replacer le sujet dans son contexte. Nous souhaitons stimuler, éveiller la curiosité et informer les lecteurs sur des thèmes tels que l’art, la créativité, le design visuel et la musique. Des thèmes qui méritent d’être approfondis et explorés pour le bien de la collectivité, qui a besoin de stimuli créatifs et de pouvoir toucher du doigt, ou admirer, les belles œuvres que l’homme a su créer grâce à son ingéniosité.
