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« Il n’existe pas d’idée originale. » Cette affirmation retentissante est généralement attribuée à l’écrivain américain Mark Twain, qui ajoute que les idées naissent de la combinaison créative d’idées plus anciennes, à la manière d’une sorte de « kaléidoscope mental ». De la même manière, Morgana Wallace s’inspire de la mythologie nordique et japonaise pour créer ses incroyables mondes fantastiques. L’artiste canadienne imagine des scènes peuplées de personnages hauts en couleur, souvent parés de masques et de costumes élaborés, qui ont tous un point commun : l’utilisation du papier comme outil.
Une lectrice passionnée
Son intérêt pour l’illustration et la peinture remonte à son plus jeune âge. Née à Winnipeg, capitale de la province du Manitoba, Wallace a grandi dans un environnement artistique, sa mère étant musicienne et son père artiste plasticien. Tous deux ont encouragé sa curiosité et sa créativité. Elle se souvient par exemple que lorsqu’elle rentrait de l’école, sa mère lui lisait des histoires pour enfants accompagnées de magnifiques illustrations.
À l’époque, elle n’aurait jamais imaginé qu’une fois adulte, ce serait elle qui les créerait. Son intérêt a commencé lorsqu’elle étudiait au Victoria College of Art, plus précisément dans un cours de monotype, une technique d’impression qui consiste à graver une image sur un support, tel que du papier, de la toile ou du bois, à partir d’un dessin ou d’une peinture. Elle crée professionnellement des œuvres à l’aide de techniques de découpage de papier depuis 2008.
Technique et narration dans l’illustration
L’artiste canadienne crée des héroïnes et des créatures mystiques auxquelles elle ajoute des détails tels que des épaisseurs, des couronnes, des feuilles, des plumes et des oiseaux à partir de couches de papier aux textures variées, allant du papier de lin japonais au papier cartonné, leur donnant ainsi un aspect tridimensionnel. Ce travail minutieux intègre également l’aquarelle, la gouache, l’encre et les crayons de couleur, des matériaux qu’elle utilise pour ajouter une illusion d’ombre et de profondeur aux personnages.
Les illustrations de Wallace témoignent non seulement d’une maîtrise technique exceptionnelle, mais révèlent également un engagement profond envers le pouvoir de la narration qui nous plonge dans des mondes imaginaires. Curieusement, l’artiste ne choisit généralement pas une histoire particulière comme point de départ. Au contraire, le processus commence par une petite idée, comme un visage, et le reste émerge intuitivement. C’est presque comme une sorte de transe, dans laquelle elle reste connectée à ses souvenirs d’enfance.
Les femmes qui ont changé l’histoire
Ce parcours, qui a débuté dès son plus jeune âge lorsqu’elle lisait avec sa mère, se reflète également dans ses magnifiques livres illustrés. « Hedy and Her Amazing Invention » raconte l’histoire de l’actrice et inventrice autrichienne Hedwig Eva Maria Kiesler, connue à Hollywood sous le nom de Hedy Lamarr et considérée comme l’une des plus belles femmes de son époque. Elle a tourné l’une des premières scènes de nu de l’histoire du cinéma. Tout en menant une vie de star sous les feux de la rampe, elle travaillait secrètement sur une technologie de « saut de fréquence » destinée à empêcher la protection des torpilles ennemies peu avant l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. C’est pourquoi la dernière page du livre ne montre pas son beau visage, mais plutôt son dos alors qu’elle se met diligemment au travail.
Dans « In One Ear and Out the Other », Wallace illustre la vie semée d’embûches de la chef d’orchestre et pianiste néerlandaise Antonia Brico, qui fut la première femme à diriger les orchestres philharmoniques de Berlin et de New York.
Pour l’artiste canadienne, qui a déclaré souffrir d’anxiété sociale, ses illustrations, qui peuvent être achetées en ligne, ont été une forme d’évasion, un moyen d’explorer d’autres lieux, même s’ils sont faits de papier.
